Livre de l'Apocalypse

Définition

Rebecca Denova
de , traduit par Caroline Martin
publié le 26 septembre 2024
Disponible dans ces autres langues: anglais, arabe, indonésien, Turc
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Book of Revelation (by Bibliothèque nationale de France, Public Domain)
Le Livre de l'Apocalypse
Bibliothèque nationale de France (Public Domain)

Le livre de l'Apocalypse de Jean de Patmos est l'un des livres les plus célèbres du Nouveau Testament. Écrit vers la fin du 1er siècle de notre ère, c'est la seule apokalupsis (mot grec: «révélation divine») à être incluse dans le canon du Nouveau Testament et à être interprétée et réinterprétée pendant des siècles, à partir de l'Antiquité tardive, à travers le Moyen Âge et le monde moderne.

Jean de Patmos

Une apocalypse était un texte, au lieu d'un événement. Au Ier siècle de notre ère, des devins entraient dans des transes extatiques lors de voyages extracorporels au paradis ou ils avaient des visions qui leur montraient ce qui se passerait lorsque le Dieu d'Israël interviendrait pour la dernière fois dans l'histoire de l'humanité, et ils les ont consignées par écrit.

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Le livre de l'Apocalypse est l'un des rares livres de la Bible signé par son auteur. Jean fait savoir au début de sa lettre qu'il s'appelle Jean et qu'il est en exil sur l'île de Patmos en raison de son appartenance au christianisme. C'est le seul indice que nous ayons concernant son statut social et économique; il devait être de la classe supérieure ou au moins un citoyen car les criminels de la classe inférieure étaient exécutés dans les arènes alors que les citoyens romains recevaient une punition plus clémente, un exil forcé. Il ne s'agit pas du même Jean que celui qui a écrit l'Évangile selon Jean, le quatrième Évangile. Les chrétiens modernes font des pèlerinages sur le site d'une église chrétienne construite sur la grotte présumée de Patmos où Jean eut ses visions.

Contexte Historique

En 45 avant notre ère, Jules César avait accordé une exemption des cultes d'État pratiqués à Rome, aux Juifs, en guise de récompense pour les mercenaires juifs qu'il avait recrutés dans ses légions. À la fin du Ier siècle de notre ère, l'empereur romain Domitien (r. de 81 à 96 de notre ère) imposa le culte impérial (l'élévation des empereurs morts qui étaient maintenant vénérés comme des divinités). Dans la formation du christianisme primitif, les communautés chrétiennes, au même titre que les Juifs, cessèrent toute idolâtrie traditionnelle. Mais les chrétiens n'étaient pas des juifs ethniques; ils n'étaient pas circoncis, et donc l'exemption de Jules César ne s'appliquait pas à eux. Les chrétiens furent condamnés pour athéisme, pour manque de foi et pour leur absence de participation aux cultes d'État de l'Empire romain. Interprété comme une offense contre les dieux, ce crime mettait tout le monde en danger, ce qui équivalait à une trahison et entraînait la peine de mort. Nous avons des preuves des premiers procès et des exécutions au début du IIe siècle dans les travaux de Pline le Jeune sur le christianisme.

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Le livre de l'Apocalypse ne contient aucun concept de repentance, en particulier la repentance à la onzième heure.

La réponse de Rome à la propagation du christianisme fut à l'origine des premiers martyrs chrétiens, ceux qui moururent pour leurs croyances et leurs pratiques. Jean affirma qu'il y avait 144 000 martyrs au ciel (144 000 étant un multiple des douze tribus d'Israël). Les martyrs étaient récompensés en étant transportés au ciel où ils passaient leur temps à chanter des hymnes et des louanges à Dieu. L'objectif global du livre de l'Apocalypse consiste essentiellement à consigner les visions et les prédictions de Jean concernant le retour de Jésus-Christ sur terre, lequel se vengerait alors contre Rome.

Les spécialistes considèrent Jean de Patmos comme un juif chrétien qui utilisa les livres prophétiques d'Ézéchiel et de Daniel. Dans le livre de l'Apocalypse, le Christ est le messie promis, de lignée davidique. C'est un guerrier-héros conquérant, qui lutte désormais contre les ennemis de l'Église. Jean reprend les prédictions des prophètes traditionnels, selon lesquelles, dans les derniers jours, de violentes tribulations se produiraient d'abord. Les tribulations sont composées de catastrophes naturelles (tremblements de terre, sécheresse, famine, peste), alignées sur les dix plaies d'Égypte dans l'Exode. Mais des catastrophes humaines («des péchés») se produiront également; guerres, avidité, corruption et comportement sexuel déviant. Pour Jean, comme pour les prophètes, seuls les justes seront sauvés. Il présente l'idée de prédestination; le salut vient à ceux qui ont été inscrits dans le Livre de Vie au moment de la création.

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Scenes from the Book of Revelation
Scènes du Livre de l'Apocalypse
Rolf Kranz (CC BY-SA)

Alors que les lettres de Paul et les évangiles mettent l'accent sur la repentance des péchés qui conduit au pardon et donc au salut, le livre de l'Apocalypse ne contient aucun concept de repentance, en particulier de repentance à la onzième heure. Comme dans une apocalypse typique, le monde est tellement corrompu par le mal qu'il est trop tard. Tous les humains sont répartis en deux catégories: les justes et les pécheurs.

Sept Lettres

Le livre débute avec sept lettres adressées à des communautés chrétiennes de la province d'Asie (la Turquie actuelle), où les temples du culte impérial dominaient les villes. Certaines de ces communautés étaient félicitées pour leur fidélité face à la persécution, tandis que d'autres étaient réprimandées pour avoir perdu la foi. Dans l'une des lettres, Jean fustige ceux qui appartiennent à la «synagogue de Satan» (Apocalypse 2:9). Cela pourrait signifier que certains chrétiens prétendaient être juifs pour éviter les persécutions. Ou cela pourrait être une référence à ce qui était devenu une accusation chrétienne courante selon laquelle les juifs dénonçaient les chrétiens au gouvernement, comme ils l'avaient fait pendant le procès et la crucifixion de Jésus de Nazareth, lorsqu'ils avaient livré Jésus à Pilate.

Symbolisme

La littérature apocalyptique était subversive, une manière de critiquer le régime en place. Utilisant des codes, des symboles, des analogies et d'autres procédés littéraires, seule une communauté choisie pouvait la comprendre. Il y a environ 500 symboles et analogies dans le livre de l'Apocalypse.

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Puis, un des sept anges qui tenaient les sept coupes vint me parler et il me dit: «Viens, je vais te montrer le jugement de la grande prostituée qui est assise sur de nombreuses eaux, avec laquelle les rois de la terre se sont livrés à l'impudicité et c'est du vin de sa prostitution que les habitants de la terre se sont enivrés.»... J'ai vu une femme assise sur une bête écarlate qui était pleine de noms blasphématoires, et qui possédait sept têtes et dix cornes. La femme était vêtue de pourpre et d'écarlate et ornée d'or, de bijoux et de perles, tenant dans sa main une coupe d'or pleine d'abominations et des impuretés de sa prostitution, et sur son front était écrit un nom, un mystère: «Babylone la grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre.» Et je vis que la femme était ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus.

(Apocalypse 17:1-6)

«Babylone la grande» fait référence à la destruction du Temple de Salomon par les Babyloniens en 586 avant notre ère. Le Second Temple fut détruit par l'Empire romain en 70 de notre ère, et la bête à «sept têtes» fait donc référence à Rome et à ses sept collines. Partout, les chrétiens sont avertis de ne pas se mélanger à la culture dominante. Ils «doivent sortir de Babylone».

La référence à la «coupe d'or pleine d'abominations» fut incorporée dans les condamnations polémiques de «l'immoralité sexuelle» dans l'accusation chrétienne ultérieure contre les païens, c'est-à-dire ceux qui ne s'étaient pas encore convertis. Cela comprenait l'ivresse, les orgies sexuelles et leur idolâtrie continue. Les chrétiens affirmaient que les dieux traditionnels étaient des agents de Satan, des démons déguisés.

Avec des symboles abondants, les noms et les dates historiques contemporains sont rares. Cela a donné au livre une élasticité incroyable qui a conduit à sa réinterprétation constante au fil du temps, généralement en temps de crise. Quand les prédictions ne se manifestent pas à l'époque actuelle, ce n'est pas parce qu'elles étaient fausses. C'est simplement une question de date erronée; le plan final de Dieu reste intact.

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Les Sept Sceaux et les Sept Trompettes

Tout est au nombre de sept, le nombre parfait qui fait référence au Sabbat de Dieu, le septième jour. Jean a sept visions impliquant des anges avec sept sceaux et sept trompettes. L'ouverture des sceaux révèle la violence à venir dans le cadre des tribulations. Lorsque le premier parchemin est ouvert, il libère quatre chevaux et leurs cavaliers, les quatre cavaliers de l'apocalypse. Ils représentent, respectivement, la victoire, la guerre, les pénuries alimentaires (y compris l'inflation monétaire) et la mort (le cavalier «pâle et malade», suivi de près par Hadès, la tombe ou le monde souterrain).

Four Horsemen of the Apocalypse
Les quatre cavaliers de l'Apocalypse
Viktor Vasnetsov (Public Domain)

Alors que la majorité du monde souffre, les anges marqueront le front des croyants pour les protéger. Ceci est très probablement tiré d'Ézéchiel 9:4: «Passe au milieu de la ville, au milieu de Jérusalem, et fais une marque sur le front de ceux qui soupirent et gémissent à cause de toutes les abominations qui y sont commises.»

En ouvrant le septième sceau, le silence règne dans le ciel. Il est dit à Jean de manger ce dernier parchemin. Il a à la fois le goût du miel et celui de l'amertume, un double message de soulagement pour les croyants, mais de punition pour tous les autres. Manger le parchemin permet de garder le jour choisi caché; seul Dieu sait quand il mettra en œuvre son intervention finale.

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La Bataille Finale.

Dans le chapitre 12, nous avons les visions qui décrivent la bataille cosmique entre l'Agneau et le Dragon. Communément mal compris comme le site de la bataille finale, Jean affirme que Megiddo est le site où les armées de Dieu (les anges et les chrétiens) se rassembleront, puis marcheront vers le sud jusqu'à Jérusalem. Il appelle le site har-Meggido («la montagne de Megiddo»), ce qui est à l'origine du terme commun «Armageddon» pour désigner les événements ultimes. Des milliers de pèlerins chrétiens modernes continuent de visiter les fouilles archéologiques de Megiddo en Israël.

Megiddo
Megiddo
albedo20 (CC BY-NC-ND)

Dans les Saintes Écritures juives, il y a des références empruntées à la Mésopotamie, en particulier avec l'idée du dragon primordial. Dans leur récit de la création, Enuma Elish, le dieu Marduk détruit Tiamat, le dragon du chaos. Des allusions à ce temps primordial et à ce mythe se trouvent dans les Saintes Écritures. Nous avons les abysses sombres et humides et les passages dans lesquels Dieu terrasse les monstres du chaos que sont Rahab, Béhémoth ou Léviathan (Psaumes 74:13, 89:9–10 ; Job 26:1–14 ; Isaïe 51:9).

Comme dans le quatrième évangile, l'auteur dépeint le Christ comme «l'agneau de Dieu», une victime sacrificielle. Ironiquement, cependant, l'agneau s'avère être une entité puissante et destructrice qui finira par détruire le dragon. Le dragon «a sept têtes et dix cornes ... ce serpent ancien, qui est appelé le diable et Satan» (Apocalypse 12:3, 12:9). Les «dix cornes» font référence aux empereurs romains d'Auguste à Domitien.

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À partir des sources apocalyptiques, Jean affirme que le dragon a déjà été chassé du ciel par l'archange Michel. Comme Satan, le dragon est resté enchaîné dans l'abîme (l'enfer). Mais le dragon envoie son agent sous la forme d'une bête venue de la mer, et une deuxième bête apparaît pour imposer l'adoration de la première bête (le culte impérial). Comme les chrétiens qui sont marqués d'un signe spécial, Jean dit que les disciples de la bête seront également marqués d'un signe spécial. Dans la nature des écrits apocalyptiques, c'est une énigme: le nombre de la bête est celui d'un «nom d'homme dont la valeur numérique des lettres est 666».

Numérologie et Antéchrist

Le chiffre sept représente l’achèvement ou la perfection, ce qui fait de 666 le symbole de l'inachevé et de l'imparfait.

Les écrivains hellénistiques étaient fascinés par les nombres, ou la numérologie. Le philosophe grec Pythagore supposait que l'univers était structuré par une harmonie de relations numériques et que certaines combinaisons de nombres avaient une signification mystique. Les anciens ne numérotaient pas les choses par des chiffres, mais par des lettres de l'alphabet (le grec alpha pour 1, bêta pour 2, les lettres romaines telles que I, V, X, etc.). Les lettres du nom d'une personne portaient une valeur numérique. Dans la tradition juive, sept représentaient les jours de la création, culminant dans le repos du Sabbat de Dieu («le septième jour»). Par conséquent, le chiffre sept signifiait l'achèvement ou la perfection, ce qui fait de 666 le symbole de l'inachevé et de l'imparfait.

L'allusion de Jean au fait que le nombre cryptique de la bête pourrait être identifié à une personne spécifique a inspiré plus de spéculations que n'importe quelle autre déclaration de son livre. À chaque génération, depuis l'époque de Jean jusqu'à la nôtre, les apocalyptistes ont trouvé des hommes ou des institutions qui, selon eux, correspondaient à la description de la bête et ont ainsi rempli le rôle de cette bête en tant qu'antéchrist, dont l'apparition confirme que le monde est proche de sa fin.

En fait, «l'antéchrist» n'apparaît pas dans le livre de l'Apocalypse. Il n'apparaît que dans la première lettre johannique du Nouveau Testament, comme quelqu'un qui était «contre le Christ». Jean a décrit ce personnage comme «le grand trompeur». Il trompera les gens en leur faisant croire qu'il contrôle le monde pour leur bien. La plupart des spécialistes du Nouveau Testament croient que Jean faisait référence à un personnage historique de son époque. Cependant, l'identité de cette personne fait l'objet d'un débat. Certains historiens pensent que celui qui correspond le mieux à la description de la bête faite par Jean est Néron (r. de 54 à 68 de notre ère), et on affirme traditionnellement qu'il fut le premier empereur à persécuter les chrétiens. L'affirmation de Jean d'une «bête qui surgit de la mer» peut faire référence aux rumeurs populaires de l'époque. À la suite du suicide de Néron en 68, plusieurs imposteurs ont prétendu être Néron et ils ont voulu rassembler une armée pour réaffirmer son règne. Une autre théorie est que Jean se référait aux deux empereurs maléfiques; Néron, le tyran mort renaissant sous les traits de Domitien. L'argument de Jean est l'élément de tromperie. Nous devrions toujours chercher quelqu'un qui semble bon et qui est un bienfaiteur, mais être vigilants pour reconnaître sa malice sous le déguisement de la bonté.

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Visions du Triomphe Final

Au chapitre 20, lorsque le Christ revient sur terre, il commence à instituer le royaume de Dieu. Pendant ce temps, les martyrs morts sont ressuscités, ils se joignent aux fidèles vivants et ils aident à faire la guerre à la bête. Cela dure 1000 ans, un millénaire. Le dragon est enfin libéré de ses chaînes dans l'abîme pour se joindre à la bataille finale avec l'agneau. Le feu du ciel détruit les ennemis, ce qui inclut le dragon.

Après la bataille finale, la résurrection de tous les morts a lieu lorsqu'ils sont jugés. Pour les méchants, cela inclut l'image d'être jeté dans le «lac de feu», une référence à la mer Morte, qui contenait des minéraux qui brûlaient la peau. La récompense de Jean pour les fidèles se trouve dans une métaphore d'un mariage de l'agneau et de la ville de Jérusalem. Nous aurons alors l'utopie idyllique, le plan originel de Dieu pour le Jardin d'Eden, non pas au ciel, mais sur la terre. Un nouveau Temple restauré (avec des flots d'or cristallin et des pierres précieuses) descend sur Jérusalem.

The New Jerusalem
La Nouvelle Jérusalem
Staatsbibliothek, Bamberg (Public Domain)

En décrivant le dragon, Jean utilise l'oracle d'Isaïe (aussi écrit Ésaïe) contre le roi de Babylone. Les rois de Babylone étaient associés à la divinité. Isaïe fustigea le roi de Babylone pour son orgueil, pour avoir tenté d'atteindre le statut d'égalité avec les dieux. Isaïe prophétisa que finalement le roi serait «précipité» dans l'abîme. En s'adressant au roi de Babylone, Isaïe utilisa l'un de ses noms de trône, «l'étoile du jour de son peuple».

Jérôme, père de l'Église au Ve siècle, traduisit l'hébreu des Saintes Écritures juives et le grec du Nouveau Testament en un seul volume en latin (la Bible de la Vulgate du Moyen Âge). Quand il arriva à cette section du livre de l'Apocalypse, il savait que les Romains adoraient une «étoile du jour» dont le nom était Lucifer. Il le traduisit simplement par Lucifer, le nom le plus populaire pour le diable au Moyen Âge.

Au fur et à mesure que le temps passait, les «mille ans» furent interprétés au Moyen Âge comme étant reliés à l'horloge terrestre. À l'approche de l'an 1000, les paysans négligèrent de planter leurs cultures, croyant que la catastrophe/gloire imminente était sur le point d'émerger. Les crises ultérieures, telles que la peste bubonique du XIVe siècle, furent interprétées comme «des signes de la fin».

L'Enlèvement

Un autre concept que de nombreuses personnes croient tiré du livre de l'Apocalypse n'y figure pas. Le concept de «l'enlèvement» fut créé par un prêtre britannique du XVIIe siècle qui s'inquiétait de «l'époque de tribulations». Il se tourna vers les lettres de l'apôtre Paul aux Gentils. Dans la première lettre aux Thessaloniciens, Paul décrivit ce qui se passerait lors du retour du Christ, en ce sens que ceux qui seraient laissés en vie à ce moment-là seraient transportés au ciel pour accueillir le Christ. Les chrétiens vertueux seraient miraculeusement enlevés vers le ciel pour les sauver de la catastrophe imminente.

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Héritage dans l'Histoire et la Culture Occidentales

Le livre de l'Apocalypse fit l'objet de débats entre les autorités chrétiennes et ne fut inclus dans le canon officiel que 400 ans plus tard. Les débats concernaient l'auteur présumé et certaines de ses descriptions mystiques du ciel. Il finit par être canonisé en raison de ses enseignements sur le sort funeste des pécheurs.

Le livre de l'Apocalypse a malheureusement été appelé à valider l'histoire de la violence par le christianisme depuis 2000 ans: les croisades, l'Inquisition contre les hérétiques, les guerres religieuses d'Europe, le quasi anéantissement des cultures autochtones dans les Amériques, l'institution de l'esclavage pour les Afro-Américains et la poursuite de la polémique contre les Juifs et les musulmans. Le raisonnement se trouve dans la conviction que Dieu nous punira tous parce que nous continuons à laisser le mal exister. Selon une mauvaise interprétation de ce livre (et le danger qu'elle continue de représenter), le pécheur est toute personne qui n'est pas d'accord avec notre propre interprétation du christianisme.

Jews Being Burnt at the Stake
Juifs Brûlés sur un Bûcher
Korporation Luzern (CC BY-NC-SA)

Ce qui reste problématique, c'est de savoir qui peut décider qui est un pécheur. Le livre de l'Apocalypse continue d'être appliqué dans les débats modernes concernant les relations entre personnes de même sexe, les rôles des genres, l'identification des sexes et l'avortement. Les croyants se tournent encore vers le livre de l'Apocalypse en temps de crise: les guerres, les catastrophes climatiques, les fluctuations de la bourse et de l'inflation, alignées sur les quatre cavaliers. Hollywood contribue à la popularité du livre de l'Apocalypse dans les douzaines de films de science-fiction mettant en scène des sociétés dystopiques et post-apocalyptiques en incorporant des éléments de ce livre.

En ce qui concerne la théologie chrétienne, le texte reste une source d'inspiration pour les croyants dans la symétrie de son placement à la fin du Nouveau Testament. À partir de la création dans la Genèse, le plan de Dieu pour les humains culmine dans l'espoir que le Christ instituera finalement son royaume sur terre, renversant les maux contemporains et rétablissant la justice dans l'univers.

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Questions & Réponses

Qui a écrit le livre de l'Apocalypse?

Le livre de l'Apocalypse est signé par son auteur, Jean, un homme vivant en exil sur l'île de Patmos en raison de ses convictions chrétiennes. Les spécialistes s'accordent à dire qu'il ne s'agit pas du même Jean que celui qui a écrit le quatrième évangile.

Quel est le message principal du livre de l'Apocalypse?

Le livre de l'Apocalypse est une série de visions et de prédictions du retour de Jésus-Christ sur terre. Il offre l'espoir que le Christ finira par instaurer son royaume sur terre, en renversant les maux contemporains et en rétablissant la justice dans l'univers.

Bibliographie

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Traducteur

Caroline Martin
Française, ayant vécu au Royaume Uni pendant 20 ans, Caroline Martin est totalement bilingue. Lectrice passionnée depuis son plus jeune âge, elle a développé un amour de l'histoire qui remonte a ses années sur les bancs de l’école. Elle s'intéresse maintenant beaucoup à l'histoire en général et à la géopolitique.

Auteur

Rebecca Denova
Rebecca I. Denova, PhD, est Professeure émérite de Christianisme primitif au sein du Département d'Études des religions de l'Université de Pittsburgh. Elle a récemment publié un ouvrage, "The Origins of Christianity and the New Testament" (Wiley-Blackwell)

Citer cette ressource

Style APA

Denova, R. (2024, septembre 26). Livre de l'Apocalypse [Book of Revelation]. (C. Martin, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-23535/livre-de-lapocalypse/

Style Chicago

Denova, Rebecca. "Livre de l'Apocalypse." Traduit par Caroline Martin. World History Encyclopedia. modifié le septembre 26, 2024. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-23535/livre-de-lapocalypse/.

Style MLA

Denova, Rebecca. "Livre de l'Apocalypse." Traduit par Caroline Martin. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 26 sept. 2024. Web. 03 avril 2025.

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