Bataille de Chippawa

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Harrison W. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 23 janvier 2025
Disponible dans ces autres langues: anglais
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La bataille de Chippawa (5 juillet 1814) fut une bataille majeure de la guerre de 1812, au cours de laquelle l'armée américaine fit démonstration de sa toute nouvelle discipline en battant les réguliers britanniques lors de la troisième tentative d'invasion de la péninsule du Niagara par les Américains. Bien que la bataille se soit soldée par une victoire américaine, la bataille de Lundy's Lane qui suivit se solda par une impasse, mettant ainsi fin à l'invasion.

Battle of Chippawa
Bataille de Chippawa
H. Charles McBarron, Jr. (Public Domain)

Contexte: La dernière invasion du Niagara

À la fin du printemps 1814, il devenait évident que les chances des États-Unis de conquérir le Canada s'amenuisaient. En Europe, l'empereur français Napoléon Ier avait fini par être vaincu et exilé sur l'île d'Elbe, libérant ainsi des milliers de soldats britanniques vétérans qui pouvaient être envoyés de l'autre côté de l'Atlantique pour combattre les Américains. Les Britanniques, auparavant en infériorité numérique en Amérique du Nord, avaient été contraints de rester sur la défensive au cours des deux dernières années de combat. Désormais, avec cet afflux de renforts aguerris, ils pourraient facilement descendre jusqu'à New York, voire ouvrir de nouvelles frontières partout ailleurs le long de la côte vulnérable des États-Unis. Il était donc primordial que les Américains fassent un dernier effort pour prendre pied au Canada, afin d'avoir un petit avantage lors de l'arrivée des troupes britanniques. Une invasion réussie du Canada donnerait en outre aux Américains une monnaie d'échange pour les négociations de paix qui devaient bientôt commencer en Europe, dans la ville flamande de Gand.

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Sous la supervision de Scott, les soldats américains de Buffalo furent soumis à des exercices quotidiens qui duraient entre sept et dix heures.

Le commandement de l'armée américaine stationnée à Buffalo, dans l'État de New York, fut confié au major général Jacob Brown, le dernier d'une longue série de généraux américains malchanceux ayant reçu l'ordre de franchir la frontière canadienne. Les ordres de Brown, provenant directement de la plume du secrétaire à la Guerre John Armstrong Jr, étaient d'un ton plutôt décontracté: "Pour donner [...] une occupation immédiate à vos troupes, et pour éviter que leur sang ne croupisse, pourquoi ne pas prendre le fort Érié?" (cité dans Berton, 702). La prise de Fort Érié donnerait en effet aux Américains un solide point d'appui sur la péninsule du Niagara, qui pourrait servir de base d'opérations pour soumettre les terres environnantes. Brown, décidant qu'une telle campagne pourrait à tout le moins restaurer l'honneur de l'armée américaine, commença à planifier l'invasion. Ses troupes étant en haillons et indisciplinées, il ordonna à l'un de ses subordonnés, le brigadier général Winfield Scott, de les mettre en condition en vue de la campagne à venir.

À seulement 28 ans, Scott était peut-être l'officier le plus prometteur de l'armée américaine. Large d'épaules, musclé et dominant ses collègues officiers du haut de son mètre quatre-vingt-quinze (195 cm), Scott était déjà connu pour ses exploits lors de batailles précédentes et était vénéré en tant que brillant disciplinaire et tacticien. L'un de ces ouvrages était le manuel de 1791 qui avait été utilisé pour entraîner l'armée révolutionnaire française et que Scott utilisait désormais pour transformer ses volontaires en véritables soldats. Sous la supervision de Scott, les soldats américains de Buffalo furent soumis à des exercices quotidiens qui duraient entre sept et dix heures; un capitaine écrit avec étonnement que "le général Scott fait des exercices et des barrages, des exercices et des barrages, des exercices et des barrages, et encore des exercices" (cité dans Taylor, 383). Des défilés et des inspections étaient organisés chaque semaine, Scott réglementant chaque petit détail, du contenu du sac à dos d'un soldat à l'angle de son bras lorsqu'il saluait. Scott fit tout son possible pour améliorer la santé et le moral de ses soldats, en veillant à ce qu'ils aient toujours accès à de la nourriture fraîche et à des uniformes propres. Il exigeait que chaque homme se baigne trois fois par semaine avec du savon, réduisant ainsi les risques de maladie. Il n'hésita pas à imposer une discipline stricte et fit exécuter cinq déserteurs par un peloton d'exécution.

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Winfield Scott, 1814
Winfield Scott, 1814
David Edwin and Joseph Wood (Public Domain)

Après seulement trois mois, Scott transforma complètement ses soldats en une force mieux disciplinée, mieux approvisionnée et mieux entraînée que n'importe quelle autre armée américaine pendant la guerre. Si une force américaine pouvait espérer résister aux soldats britanniques éprouvés en provenance d'Europe, c'était bien celle-là. Satisfait des progrès de Scott, le général Brown se prépara à lancer son invasion, complétant ses troupes avec 1 000 volontaires de la milice sous les ordres de Peter B. Porter, un éminent politicien de New York. 500 guerriers Seneca de Buffalo Creek furent également affectés au commandement de Porter. Brown souhaitait ardemment que son armée gagne le respect des Britanniques et avertit ses officiers de ne pas piller les propriétés privées après avoir traversé le Canada; ils devaient se conduire avec l'honneur d'une véritable armée européenne, afin de faire disparaître les souillures des années précédentes, faites de défaites et d'humiliations.

Incendie de Dover

Le 15 mai 1814, une adolescente nommée Amelia Ryerse se trouvait à l'intérieur de sa maison dans la petite ville canadienne de Dover, au bord du lac Érié. Elle entendit soudain des chiens aboyer et sortit pour voir ce qu'il en était, avant d'être accueillie par un spectacle saisissant. "Quand j'ai levé les yeux", se souvient-elle, "j'ai vu les collines et les champs, à perte de vue, couverts de soldats américains". En effet, 700 volontaires de Pennsylvanie, sous le commandement du lieutenant-colonel John B. Campbell, étaient venus saccager Dover pour se venger des raids britannico-canadiens sur plusieurs villes près de New York au mois de décembre précédent. Les Américains brûlèrent vingt maisons, douze granges, trois moulins à farine et trois distilleries, et abattirent tout le bétail qu'ils pouvaient trouver. "Très vite, se lamente Ryerse, nous avons vu des colonnes de fumée s'élever de chaque bâtiment, et de ce qui avait été une propriété prospère, il ne restait à midi que des ruines fumantes" (cité dans Taylor, 385).

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The British-American War of 1812
La guerre anglo-américaine de 1812
Simeon Netchev (CC BY-NC-ND)

Lorsque Brown apprit l'incendie de Dover, il en fut furieux. Il présenta immédiatement ses excuses au commandant britannique et fit passer Campbell en cour martiale. Grâce à sa popularité, Campbell ne reçut qu'une légère réprimande et fut réintégré dans l'armée à temps pour participer à l'invasion. Ce n'était pas un début prometteur pour Brown qui comptait sur la coopération - ou du moins l'apathie - du peuple canadien. Il décida néanmoins de poursuivre l'assaut du fort Érié. Dans la nuit du 2 au 3 juillet, l'armée traversa la rivière Niagara. Tout comme Brown, chaque officier était déterminé à redorer le blason de l'armée américaine; comme l'explique le major Thomas Sidney Jesup, "si nous ne pouvions rien faire d'autre, nous pourrions au moins porter un coup tel qu'il rétablirait le caractère militaire terni du pays" (cité dans Taylor, 387). À cette fin, chacun des officiers de Brown décida de se lancer dans la bataille, brillamment paré de ceintures rouge vif et d'épaulettes dorées, afin de prouver aux Britanniques qu'ils n'était pas la même force hétéroclite qui avait gâché les invasions des deux années précédentes.

Prise du fort Érié

Dans le calme de l'aube du 3 juillet 1814, les bateaux américains s'approchèrent du rivage canadien. Le général Scott, déterminé à être le premier homme à débarquer, sauta prématurément de son embarcation, mais se rendit compte que l'eau était trop profonde. Il vacilla dans l'eau, alourdi par son uniforme ostentatoire, jusqu'à ce que ses hommes ne le ramènent sur le bateau; personne n'osa rire pour ne pas froisser l'ego démesuré du général. Une fois les bateaux un peu plus près du rivage, Scott sauta de nouveau à l'eau et, cette fois, réussit à avancer vers la terre, suivi de ses hommes. La garnison britannique de Fort Érié, prise par surprise, réalisa rapidement qu'elle était largement dépassée par l'armée de Brown qui comptait environ 3 600 hommes, et choisit de se rendre. La troisième - et dernière - invasion américaine de la péninsule du Niagara avait commencé.

Scott, conscient de sa supériorité numérique sur les Britanniques, décida d'essayer de forcer le passage par le pont de Chippawa.

Après avoir capturé le fort Érié sans grande difficulté, les Américains se retrouvèrent face à la division de droite de l'armée britannique, chargée de la défense du Niagara. Cette force, sous le commandement du major général Phineas Riall, était campée dans une position forte le long de la rivière Chippawa, avec des canons gardant le seul pont qui la traversait. La force britannique se composait d'environ 1 350 soldats, 350 guerriers autochtones et 200 miliciens canadiens. Dans la matinée claire et chaude du 4 juillet - jour de l'indépendance pour les Américains - la brigade de Scott repoussa les éléments avancés de l'armée de Riall, qui s'était éparpillée dans les champs et les vergers de la campagne du Niagara. Bien que Riall ait écrit à York, la capitale du Haut-Canada, pour demander des renforts, il ne s'inquiétait pas, car il croyait à tort que le fort Érié pourrait résister et que l'armée américaine était beaucoup moins nombreuse qu'elle ne l'était en réalité. Les Britanniques se retranchèrent donc à Chippawa et attendirent l'arrivée de la brigade de Scott. Après des mois d'exercices et d'entraînements incessants dans leurs camps à l'extérieur de Buffalo, les soldats de Scott étaient sur le point d'être mis à l'épreuve.

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La bataille

Au crépuscule du 4 juillet, Scott ordonna à ses hommes d'établir leur camp pour la nuit à Street's Creek, à moins d'un mile (1.5 km) de la position britannique de Chippawa. Là, il fut bientôt renforcé par une autre brigade sous les ordres du brigadier général Eleazer Wheelock Ripley, qui apporta la nouvelle que Peter Porter était également en route avec ses miliciens et ses guerriers Seneca. Avec ces renforts, Scott savait qu'il était en infériorité numérique par rapport aux Britanniques et décida d'essayer de forcer le pont de Chippawa le lendemain matin. Mais c'est Riall, et non Scott, qui agirait le premier. À 7 heures du matin, le 5 juillet, les piquets britanniques, cachés dans les arbres de l'autre côté du ruisseau, commencèrent à tirer sur les sentinelles américaines. Les Américains, surpris, se jetèrent au sol pour se cacher dans les hautes herbes; un second crépitement de la mousqueterie britannique suffit à les faire retourner en courant au camp principal.

Alors que le soleil matinal continuait de grimper dans le ciel d'été, les escarmouches s'intensifiaient le long du ruisseau. Le général Brown, arrivé sur les lieux peu de temps auparavant, souhaitait éliminer les tirailleurs ennemis des bois dès que possible et ordonna aux miliciens de Porter de s'en occuper. Porter hésita d'abord à se plier à cet ordre, craignant d'être utilisé comme "agneau sacrificiel", mais ses inquiétudes furent apaisées lorsque Brown promit d'envoyer la brigade de Scott en renfort. Prudemment, Porter fit avancer ses miliciens et ses guerriers Seneca à 14 heures, en file indienne vers les bois. Mais alors qu'ils progressaient, ils n'avaient aucun moyen de savoir que Riall avait lui-même ordonné une attaque de grande envergure et qu'il avait fait entrer ses troupes régulières britanniques dans les bois. Lorsque la milice de Porter se rendit compte de ce qui l'attendait, il était trop tard; à peine les troupes britanniques avaient-elles tiré leur première salve de mousquets que les miliciens commencèrent à courir vers le camp de Street's Creek.

Jusqu'à présent, les Britanniques n'avaient pas été surpris par l'indiscipline des troupes américaines, car ils les avaient déjà vues cafouiller lors d'assauts précédents. Certains Britanniques baissèrent donc leur garde, pensant que toutes les troupes américaines seraient de la même qualité. Mais Scott était déterminé à leur prouver le contraire. À 17 heures, vêtu de son uniforme complet, il mena sa brigade en avant depuis Street's Creek, sans broncher alors que les boulets de canon britanniques s'envolaient au-dessus de sa tête. Le capitaine Nathan Towson, en charge de l'artillerie de Scott, plaça trois canons de 12 livres sur la route et ouvrit le feu en direction de l'artillerie britannique; l'un des boulets de Towson frappa un wagon de munitions, l'explosion mettant hors d'état de nuire la plupart des canons britanniques.

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Les fantassins de Scott, quant à eux, continuèrent de marcher, les baïonnettes scintillant sous le soleil de l'après-midi. Scott n'ayant pu se procurer le tissu bleu standard des uniformes de l'armée américaine, ses hommes étaient vêtus d'un uniforme gris clair, ce qui fit croire aux Britanniques qu'il s'agissait d'une simple milice. Les tuniques rouges les regardèrent approcher sans trop d'inquiétude, jusqu'à ce que Scott, chevauchant de long en large devant ses hommes, ne crie que le Jour de l'Indépendance était peut-être terminé, mais qu'il était temps de célébrer un nouvel anniversaire. Sur ce, les soldats américains poussèrent un cri de joie et s'élancèrent vers l'avant. Avec une précision d'expert, ils avancèrent, s'arrêtèrent, chargèrent leurs mousquets et tirèrent à l'unisson. Le général Riall se rendit compte trop tard qu'il ne s'agissait pas de la milice indisciplinée qu'il croyait. "On l'entend s'exclamer: "Bon sang, ce sont des soldats!". (cité dans Berton, 710).

Sir Phineas Riall
Sir Phineas Riall
The Waterloo Association (Copyright, fair use)

Cette prise de conscience incita Riall à agir et il envoya deux régiments en avant pour répondre à l'avancée de Scott. L'air se remplit du son des fifres et des tambours tandis que la ligne aux tuniques écarlate s'avança, arrivant à portée des canons américains. Le capitaine Towson, flairant l'occasion, ordonna à ses canons de tirer sur les soldats britanniques qui s'approchaient. L'effet fut dévastateur: des éclats d'obus percèrent la ligne britannique. Finalement, les lignes britannique et américaine s'approchèrent à moins de 90 m (100 yards) l'une de l'autre, et les deux camps se firent face pendant 20 longues minutes en s'échangeant des volées de tirs. Les Britanniques rompirent les rangs en premiers et se retirèrent rapidement dans leurs retranchements derrière le ruisseau Chippawa. Les Américains ne les poursuivirent pas. Au crépuscule, les officiers britanniques se demandèrent comment les réguliers américains avaient pu devenir aussi compétents. "Ces troupes", déclara un officier déconcerté, "sont bien supérieures à tout ce qu'ils ont apporté dans le pays au cours de la présente guerre" (cité dans Taylor, 388).

Suites de la bataille

La bataille de Chippawa se solda par une étonnante victoire américaine, au prix de 328 pertes américaines, contre 535 pour les Britanniques. Même si les officiers américains se disputèrent entre eux de la part de mérite qui leur revenait dans le rapport officiel de Brown - car ce mérite pouvait donner lieu à des promotions - ils étaient tous d'accord pour dire que l'armée américaine s'était enfin montrée suffisamment disciplinée pour tenir tête aux soldats britanniques. Les soldats de la brigade de Scott, bien sûr, furent acclamés en tant que héros du moment et, de fait, les uniformes gris qu'ils portaient lors de la bataille allaient très vite être immortalisés en tant qu'uniformes portés par les cadets de l'académie militaire de West Point. Les Britanniques, quant à eux, en vinrent à respecter un peu plus leur adversaire américain.

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Peu après la bataille, de nombreux alliés autochtones de Riall l'abandonnèrent, le privant ainsi des éclaireurs dont il avait tant besoin. Découragé, le général britannique décida d'abandonner sa position de force à Chippawa et de marcher le long de la rivière Niagara vers le nord, en direction de Fort George. Brown n'avait pas les moyens de le poursuivre et décida de déplacer sa propre armée vers Queenston, où il espérait obtenir le soutien du commodore Isaac Chauncey et de la flotte américaine sur le lac Ontario, en vain. Ces manœuvres aboutiraient finalement à la sanglante bataille de Lundy's Lane (25 juillet 1814), un engagement qui, bien que non concluant, mettrait fin à l'invasion américaine du Niagara.

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Questions & Réponses

Qu'est-ce que la bataille de Chippawa?

La bataille de Chippawa fut une bataille majeure de la guerre de 1812, opposant les troupes américaines et britanniques. Elle se solda par une victoire américaine.

Pourquoi la bataille de Chippawa fut-elle importante?

La bataille de Chippawa fut importante car elle montra que des troupes régulières américaines bien entraînées pouvaient tenir tête à des troupes régulières britanniques.

Qui mena l'assaut américain lors de la bataille de Chippawa?

Bien que le général de division Jacob Brown ait commandé l'armée américaine à Chippawa, c'est le général de brigade Winfield Scott qui mena l'attaque principale qui finit par briser la ligne britannique.

Bibliographie

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Harrison W. Mark
Harrison Mark est diplômé de SUNY Oswego où il a étudié l'histoire et les sciences politiques.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, H. W. (2025, janvier 23). Bataille de Chippawa [Battle of Chippawa]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2616/bataille-de-chippawa/

Style Chicago

Mark, Harrison W.. "Bataille de Chippawa." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le janvier 23, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2616/bataille-de-chippawa/.

Style MLA

Mark, Harrison W.. "Bataille de Chippawa." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 23 janv. 2025. Web. 21 févr. 2025.

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