La bataille de Brunanburh, qui se déroula à l'automne 937 en un lieu inconnu, vit le roi anglais Æthelstan (r. de 924 à 939) vaincre une coalition d'armées d'invasion menée par Constantin II d'Écosse (r. de 900 à 943) et Olaf Gothfrithson de Dublin (r. de 934 à 939).
L'origine de ce conflit résidait dans l'effondrement de l'ordre politique établi en Grande-Bretagne qui, depuis 918, était divisé en trois sphères d'influence dominantes: la dynastie anglaise du Wessex au sud, les Vikings à York et les Écossais au nord. Cette dynamique s'effondra en 927 lorsque Æthelstan conquit York et soumit le reste de la Grande-Bretagne septentrionale, plaçant ainsi l'ensemble de la Grande-Bretagne sous son influence. Cherchant à libérer le nord du contrôle anglais, Constantin trouva un allié de bonne volonté en la personne d'Olaf Gothfrithson, l'héritier viking déshérité de York. Ensemble, ils réunirent une formidable coalition d'alliés désireux d'écraser l'hégémonie anglaise et de rétablir York sous le contrôle des Vikings.
Si l'emplacement de Brunanburh s'est perdu dans le temps, les contemporains virent dans la bataille un affrontement vaste et bestial. La chronique anglo-saxonne contemporaine - une collection d'annales enregistrées à la cour royale - déplore: "Il n'y a jamais eu autant de massacres sur cette île" (Livingston, 43). Les Annales d'Ulster - une chronique irlandaise contemporaine - parlent quant à elles d'une "grande, déplorable et horrible bataille" (Mac Airt & Mac Niocaill, 385). Pourtant, pour Æthelstan, Brunanburh fut la plus grande réussite de son règne fructueux, légitimant sa domination en tant que premier roi d'un royaume anglais uni, et elle devait finalement rester dans les mémoires comme l'une des grandes victoires anglaises de l'âge des Vikings.
Æthelstan et la maison de Wessex
Æthelstan vit le jour en 894, alors que son grand-père, Alfred le Grand (r. de 871 à 899), était au zénith de son pouvoir. En tant que souverain du royaume méridional de Wessex, Alfred s'était fait connaître de ses compatriotes anglais en battant les Vikings et en fortifiant les défenses de son royaume. Lui et son fils, Édouard l'Ancien (r. de 899 à 924), étendraient le pouvoir des Saxons de l'Ouest sur le royaume de Mercie, situé au centre de l'Angleterre, et sur l'Angleterre orientale, tenue par les Danois. Ainsi, lorsqu'Æthelstan monta sur le trône en 924, il hérita de toute l'Angleterre au sud de la rivière Humber.
À l'instar de son grand-père, Æthelstan était pieux, érudit et un guerrier compétent, ayant passé sa jeunesse à combattre les Vikings dans les Midlands. L'une de ses premières décisions en tant que roi, en 926, fut de rechercher la paix avec son plus grand rival, le souverain viking Sihtric d'York (r. de 921 à 927), paix qui fut scellée par le mariage de Sihtric avec la sœur d'Æthelstan et par son baptême. Cependant, sa conversion n'était pas sincère; il renonça rapidement au christianisme et mourut l'année suivante.
Le frère et héritier de Sihtric, Gothfrith de Dublin (r. de 921 à 934), se précipita depuis l'autre côté de la mer d'Irlande pour revendiquer son héritage du Yorkshire. Cependant, Æthelstan avait pris les devants en s'emparant de York et en se proclamant son nouveau maître avant même l'arrivée de Gothfrith. Une fois York assurée, il se tourna vers le nord pour étendre son hégémonie, exigeant la soumission de plusieurs rois du nord. Ainsi, à Eamont Bridge, près de Penrith, en Cumbrie, au cours de l'été 927, les souverains d'Écosse, de Strathclyde et de Bamburgh (Northumberland) s'agenouillèrent devant le roi anglais, lui offrant des serments de loyauté et d'amitié. Ce n'est pas sans raison que les partisans d'Æthelstan l'appellaient "l'éclair": en trois ans à peine, il mit au pas le nord de l'Angleterre, devenant ainsi le premier roi d'une Angleterre unie (Foot, 188). En outre, sa suprématie sur ses voisins celtes l'incita à prendre un nouveau titre plus ambitieux, celui de "roi de toute la Grande-Bretagne".
Constantin II et les Écossais
Le roi écossais qui s'agenouilla devant Æthelstan était le chef rusé et expérimenté Constantin II. Son grand-père, Kenneth MacAlpin (Kenneth Ier d'Écosse, r. de 848 à 858), avait été le premier roi à unifier les Écossais,même si son père, le plus discret roi Àed (r. 877-878), ait eu la réputation de n'avoir "rien légué de mémorable à l'histoire" (Anderson, 357). Le trône écossais passa à Constantin en 900 et, comme Alfred, ses victoires sur les Vikings établirent rapidement sa réputation de roi guerrier. Depuis son royaume nordique, il avait observé avec enthousiasme les progrès du Wessex. Les deux royaumes avaient beaucoup en commun, et ils furent d'abord des alliés chrétiens et des partenaires dans la lutte contre les Vikings. Cependant, lorsque Æthelstan s'empara de York et exigea la soumission de l'Écosse, le monde de Constantin fut bouleversé. Ce n'était plus les Vikings qu'il fallait craindre le plus, mais ce nouvel arriviste anglais qui devint alors le principal adversaire des Écossais.
Appelé par les Anglais le "vieux fourbe", Constantin se révéla être un vassal rusé et réticent (Livingston, 43). En 933, dans des circonstances inconnues, il rompit les termes convenus à Penrith, renonçant à sa loyauté envers les Anglais. Æthelstan, qui n'était pas du genre à se laisser défier, retourna au nord pour envahir l'Écosse et pilla tout le royaume du nord avant de forcer Constantin à renouveler sa fidélité. Le roi d'Écosse, vaincu, fut alors ramené au sud pour être présenté en triomphe en tant que subregulus (sous-roi) obéissant d'Æthelstan, assistant aux conseils royaux de Buckingham en 934 et de Cirencester l'année suivante. Accablé, humilié et plein de ressentiment, Constantin rentra chez lui et jura de ne plus jamais se laisser intimider par les Anglais. Seul, il ne pouvait espérer défier Æthelstan. Il trouverait dans les îles britanniques plusieurs alliés potentiels partageant les mêmes idées et désireux de punir l'arrogance du roi autoproclamé de Grande-Bretagne. L'un de ces alliés était son voisin, Owain, roi de Strathclyde - un petit royaume brittonique de la côte ouest s'étendant de la région des lacs à la rivière Clyde - qui avait lui aussi souffert de la domination anglaise et qui cherchait à restaurer l'indépendance de son royaume.
Olaf Gothfrithson et les Uí Ímair
Cependant, celui qui désirait le plus conclure une alliance anti-anglaise était Olaf Gothfrithson, fils de Gothfrith de Dublin, qui avait perdu son trône du Yorkshire au profit d'Æthelstan en 927. Sa famille, les Uí Ímair - descendants d'Ivar le Désossé, l'un des grands chefs vikings de l'époque - était depuis longtemps le fléau des chrétiens dans les îles britanniques. Arrivés de Scandinavie au milieu du IXe siècle, les Uí Ímair s'étaient taillé un empire sur la mer d'Irlande, avec des royaumes centrés sur Dublin, l'île de Man et York. Le royaume d'York (Lancashire et Yorkshire) avait été repris aux Northumbriens (Anglais du Nord) par Ivar en 866. Grâce à son accès stratégique à la mer d'Irlande et à la mer du Nord, il était devenu un centre essentiel du pouvoir et du commerce vikings ; sa perte au profit des Anglais était donc une offense qu'Olaf ne pouvait ignorer.
Olaf monta sur le trône de Dublin en 934, après la mort de Gothfrith, dont les Irlandais se souviennent comme d'un "roi des plus cruels parmi les Norvégiens", et Olaf se révéla être le digne fils de son père, passant le début de son règne à attaquer les rois irlandais et leurs églises (Mac Airt & Mac Niocaill, 383). Après une victoire décisive sur son rival viking, le remarquablement nommé Olaf Scabbyhead de Limerick, en 937, il put désormais tourner ses ambitions vers la Grande-Bretagne, et plus particulièrement vers York, son héritage volé.
En tant que premier souverain viking des îles britanniques, Olaf pouvait compter sur plusieurs partisans scandinaves des îles Hébrides et de la côte irlandaise pour appuyer ses revendications. Il trouva également un allié naturel en la personne de Constantin. Bien que les Uí Ímair aient longtemps été les rivaux des Écossais et qu'ils aient été païens, l'aversion mutuelle des deux dirigeants pour Æthelstan suffit à faire oublier les haines passées. Pour les Écossais, une York viking rétablie serait, après tout, un État tampon entre eux et les Anglais.
Les préparatifs de Brunanburh
Après avoir échangé des émissaires en secret et s'être mis d'accord sur leur stratégie, à la fin de l'été 937, cette grande alliance de Britanniques, d'Écossais et de Vikings envahit le royaume d'Angleterre, leurs flottes et leurs armées se rencontrant en un lieu inconnu du nord de l'Angleterre. Æthelstan n'était pas au courant de l'invasion et n'était pas du tout préparé à y répondre, ce qui permit aux envahisseurs de se livrer à des raids sur les villages voisins. Æthelstan finit par rassembler ses forces du sud et des Midlands et marcha pour affronter les intrus, mais il s'aperçut rapidement que leur armée était bien plus nombreuse que la sienne.
Selon la Saga d'Egil (XIIIe siècle), récit semi-légendaire des aventures d'Egil Skallagrimsson, un mercenaire viking qui combattit pour Æthelstan, le roi anglais chercha à dissimuler ses effectifs insuffisants aux espions d'Olaf. Lorsqu'il établit son camp de bataille, il ordonna que pour deux tentes réellement nécessaires, une troisième soit construite, et lorsque les envoyés d'Olaf arrivèrent pour négocier, Æthelstan ordonna à ses soldats de se tenir à l'extérieur de leurs tentes, comme s'ils étaient si nombreux qu'il n'y avait pas de place pour eux à l'intérieur.
En attendant les renforts indispensables à son armée, Æthelstan incita Olaf à engager des pourparlers de paix afin de retarder l'inévitable bataille. Il proposa aux envahisseurs de payer un tribut pour rentrer chez eux. Olaf étudia sérieusement l'offre, prit conseil auprès de ses conseillers et entama un échange d'offres et de contre-offres de paix entre les deux camps. Il rejeta la première proposition, s'attendant à une seconde offre plus élevée, et répéta cette stratégie avec l'offre suivante. Olaf pensait que les Anglais souhaitaient tellement la paix que la diplomatie seule pourrait maintenant permettre de regagner York. Cependant, il avait sous-estimé la détermination et la ruse d'Æthelstan. Depuis sa proposition de paix en échange de York, plus d'une semaine s'était écoulée et leurs renforts étaient arrivés. L'armée d'Æthelstan était désormais aussi nombreuse que celle des envahisseurs et il pouvait désormais faire une véritable contre-offre: Olaf devait rentrer chez lui, payer les dégâts causés par son armée et se soumettre à la seigneurie anglaise. En d'autres termes, Æthelstan n'offrirait rien d'autre que la bataille. Lorsque cette proposition parvint aux Vikings, l'un des comtes d'Olaf proclama la tromperie d'Æthelstan, disant à son roi que les Anglais étaient des "fourbes" et que "nous sommes restés assis ici pendant longtemps et avons attendu qu'ils rassemblent toutes leurs forces" (Green, 75). Comprenant qu'il avait été trompé, Olaf déclara qu'il mettait fin aux négociations et que son armée se mettrait en marche pour la bataille à l'aube.
La bataille
Par une fraîche matinée d'automne, probablement en octobre, les deux grandes armées convergèrent vers Brunanburh pour déterminer qui détiendrait le pouvoir dans le nord. Des chefs écossais de l'extrême nord aux pirates de la mer d'Irlande et aux seigneurs anglais du sud, des guerriers de toutes les îles britanniques avaient répondu à l'appel aux armes. On ne nous dit pas combien de soldats se battirent ce jour-là, mais les estimations modernes suggèrent que chaque camp comptait entre 5 000 et 10 000 soldats, ce qui en ferait l'une des plus grandes batailles de la période anglo-saxonne (Downham, 120). Les soldats de Brunanburh étaient principalement armés de boucliers et de lances ou de haches. Cependant, ceux qui faisaient partie de l'élite des guerriers se distinguaient par leurs épées, leurs armures de mailles et leurs casques de fer, tandis que ceux qui avaient un statut inférieur se contentaient de casques et d'armures en cuir. Lorsque Æthelstan examina le champ de bataille, il vit une vaste plaine flanquée d'une rivière sur sa gauche et s'élevant vers un terrain plus élevé sur sa droite, flanquée d'une forêt dense. Il divisa l'armée anglaise en deux divisions et se plaça sur l'aile gauche, face à l'armée d'Olaf, le long de la rivière. À droite, le reste de l'armée anglaise, dirigée par Edmond, le frère du roi, affronta les Écossais.
Olaf et Constantin firent le premier pas, ordonnant à leurs guerriers de former un mur de boucliers - en verrouillant leurs boucliers les uns contre les autres, une rangée de soldats créa un mur de bois et de fer presque incassable. Les Anglais levèrent leurs boucliers et s'avancèrent en hurlant leur cri de guerre:"Ut, ut!". ("Dehors, dehors !"), ordonnant à leurs ennemis de fuir. Les deux armées s'échangèrent ensuite des projectiles - flèches, javelots et pierres - avant de s'affronter. Ces combats entre les murs de boucliers se transformaient souvent en bousculades, chaque camp s'efforçant de repousser et de vaincre l'autre. Pendant ce temps, les haches frappaient les boucliers de leurs adversaires et les lances piquaient et s'enfonçaient à travers les brèches du mur.
Les deux camps étant de force égale, le combat fut exceptionnellement long. Mais, alors que le soleil commençait à descendre dans le ciel - selon un poème de guerre contemporain, la bataille de Brunanburh - les Anglais firent une percée et une section du mur de boucliers vikings s'effondra. Incapables de supporter les pertes en première ligne ou bien tout simplement fatigués, ou peut-être les deux, une partie de leurs défenses fut battue et éventrée. Les Merciens s'engouffrèrent dans la brèche et, comme le souligne le poème, ils "n'ont pas refusé de livrer une bataille acharnée à tout guerrier qui accompagnait Olaf" (Livingston, p. 45). Un massacre frénétique déferla tandis que le mur du bouclier se désagrégeait. Æthelstan se battit courageusement au milieu du chaos, mais selon une légende du XIIe siècle, son épée se brisa au cours de la bataille, le laissant sans défense. Il ne fut sauvé que par une intervention divine: une autre lame apparut miraculeusement dans son fourreau, lui permettant de continuer à se battre et de mener son armée au triomphe.
Alors que l'armée viking commençait à se désintégrer, Olaf s'enfuit à l'abri de ses navires, laissant derrière lui une douzaine de ses principaux partisans, le poète déplorant: "Cinq gisaient encore sur ce champ de bataille - de jeunes rois endormis par leurs épées - et sept des comtes d'Olaf" (Livingston, p. 45). Sachant qu'il n'y avait aucune perspective de victoire, les Écossais battirent également en retraite, chassés du champ de bataille par les Saxons de l'Ouest. Bien que Constantin se soit échappé sans encombre vers le nord, il subit la perte dévastatrice de son fils, le prince Cellach.
Æthelstan, en revanche, remporta sa plus grande victoire. Ses ennemis étaient vaincus, l'alliance nordique était rompue et la domination sur York et le nord de l'Angleterre était rétablie. Pourtant, la victoire n'avait pas été acquise à n'importe quel prix. Son armée était si réduite qu'il ne put réaffirmer son pouvoir sur l'Écosse. En outre, à l'instar de ses rivaux, Æthelstan subit de nombreuses pertes personnelles, notamment ses cousins Ælfwine et Æthelwine, qui furent enterrés avec tous les honneurs à l'abbaye de Malmesbury, son église préférée.
Lieu de la bataille de Brunanburh
L'héritage le plus intrigant de Brunanburh est que son emplacement reste un mystère. Le poème de guerre nous dit seulement que la bataille s'est déroulée "près de Brunanburh", sans expliquer où exactement (Livingston, 41). Avec plus de 40 lieux proposés à ce jour - des frontières écossaises au Devon - la recherche de Brunanburh a donné lieu à de nombreux débats, arguments et désaccords entre archéologues, historiens et linguistes.
Le premier à fournir un indice sur l'emplacement de Brunanburh est le chroniqueur du XIIe siècle, Jean de Worcester, qui déclare qu'Olaf "est entré dans l'embouchure de la rivière Humber avec une forte flotte" (Livingston, 57). Selon Michael Wood, cela suggère qu'Olaf aurait débarqué sur les rives de la Humber avant de marcher vers le sud pour combattre Æthelstan dans le sud du Yorkshire (149). Cependant, les détracteurs de la localisation dans le Yorkshire ont soulevé de nombreux problèmes liés à cette théorie. La fiabilité de Jean de Worcester, qui écrit près de deux siècles après Brunanburh, n'est pas le moindre d'entre eux. Selon eux, le débarquement dans la Humber est une création de Jean, influencée par les attaques vikings ultérieures qui empruntèrent la Humber, comme l'invasion de Harald Hardrada en 1066. En outre, pour Olaf, naviguer autour du nord de la Grande-Bretagne (de Dublin à la Humber) aurait été un voyage peu pratique et dangereux, surtout lorsqu'un débarquement sur la côte ouest se trouvait à une courte journée de Dublin.
L'aspect pratique d'un débarquement sur la côte ouest a conduit la plupart des spécialistes du Brunanburh à privilégier un autre emplacement: la péninsule de Wirral. Le Wirral était non seulement plus accessible aux Dublinois et à leurs autres alliés de la mer d'Irlande, mais aussi aux Écossais et aux soldats de Strathclyde, qui marchaient depuis leur frontière méridionale dans le Lake District. Le Wirral était également une enclave viking, avec une population locale susceptible d'être favorable à l'invasion. Cependant, l'argument le plus fort est peut-être la ville de Bromborough, qui tire son nom du vieil anglais "Brunanburh" et qui pourrait donc être le lieu de la bataille. Cependant, aucune source médiévale ne confirme la localisation dans le Wirral et rien ne prouve que Bromborough ait existé avant le XIIe siècle. Ainsi, cette deuxième bataille pour Brunanburh continuera d'être disputée.
Conséquences et héritage
La victoire d'Æthelstan sécurisa le royaume qu'il avait mis de nombreuses années à construire, mais son triomphe fut de courte durée. Il mourut deux ans plus tard, en 939, laissant la couronne à son frère Edmond (r. de 939 à 946). Dans ce moment de vulnérabilité, Olaf revint, s'empara de York et relança la lutte pour le nord de l'Angleterre. Après sa mort en 941, York changea de mains à de nombreuses reprises au cours des années suivantes, passant entre plusieurs princes des Uí Ímair, des rois anglais et même un roi norvégien déchu, Éric à la Hache sanglante. York reviendrait finalement aux mains des Anglais en 954, lorsque les Anglais du nord renversèrent et tuèrent Éric, puis se soumirent rapidement à la Maison de Wessex, ce qui permit la réunification du royaume anglais et mit fin à la lutte pour York.
À la fin du Xe siècle, on se souvenait de la bataille Brunanburh simplement comme de la "grande guerre" (Livingston, 49). Elle était considérée comme un événement d'unité nationale. Pour la première fois, les Merciens, les Saxons de l'Ouest et d'autres qui se considéraient comme des Anglais s'étaient dressés en tant que peuple chrétien uni contre "les barbares" - nom donné par un chroniqueur pour identifier les envahisseurs - et avaient remporté leur première grande victoire commune (Livingston, 49). Ce que la défaite aurait signifié pour les Anglais est incertain. Aurait-elle entraîné le déclin du Wessex en tant que puissance dominante de la Grande-Bretagne? Ou Olaf aurait-il simplement pris York en 937 au lieu de 939? Il est impossible de dire quel aurait été l'impact d'une telle défaite sur Æthelstan. Son statut et la royauté dont ses successeurs héritèrent auraient sans aucun doute été très diminués, et ils auraient dû faire face à une forte alliance nordique-écossaise qui aurait stoppé les futures avancées anglaises dans le nord.
Même si, à court terme, Brunanburh n'avait préservé le royaume d'Æthelstan que pendant deux années supplémentaires, à long terme, un tel triomphe constituait un modèle de royauté guerrière pour les rois du Wessex, modèle qui leur imposa de se battre pour ces terres septentrionales en tant que partie de leur héritage royal.