Concept Ancien de Mort Noble

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Rebecca Denova
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 26 mars 2025
Disponible dans ces autres langues: anglais
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L'acte de mort volontaire n'a jamais été condamné dans l'Antiquité. En fait, le mot "suicide" vient du latin et signifie "se tuer soi-même". La raison d'une mort volontaire devait être honorable et nécessaire pour éliminer tout élément de son contraire, la honte. Une mort noble reposait sur l'élément important qu'est le choix.

Death of Cato of Utica
Mort de Caton d'Utique
Jean-Paul Laurens (Public Domain)

Les hommes étaient jugés dans leur vie privée et publique sur la base de l'arete. Arete était la déesse de la vertu et de la connaissance. Appliqué à une personne, le terme signifiait excellence, vertu et valeur, et contribuait aux concepts sociologiques jumeaux d'honneur et de honte. L'honneur était un élément de la valeur d'une personne aux yeux de sa famille et sa communauté, aussi bien sa vie privée et que sa personnalité publique.

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L'idée que les gens meurent et vont au paradis est relativement tardive. Le pays des morts, l'Hadès dans la mythologie grecque et romaine, était à l'origine une zone neutre. Plus tard, des concepts ont développé des zones spéciales pour les vertueux et les méchants dans le pays des morts.

Cultes des héros

La Grèce antique avait des cultes de héros. Les héros légendaires de la mythologie grecque étaient la progéniture d'un dieu ou d'une déesse, ou le résultat de relations sexuelles entre des humains et des êtres divins. L'exemple le plus frappant est celui d'Héraklès (Hercule). Les héros étaient récompensés pour leurs grandes actions en accédant aux royaumes supérieurs de l'Hadès. Le concept était décrit comme l'apothéose (déification); une personne atteignait les niveaux du divin et était donc digne d'être vénérée et honorée. Les gens se rendaient en pèlerinage sur les tombes des héros.

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Les champs élysées étaient une utopie où les morts honorés menaient une existence heureuse et insouciante.

Dans le même temps, chaque cité-État ou ville revendiquait des mythes fondateurs, selon lesquels un dieu ou un demi-dieu avait fondé leur communauté. Sur la base du concept sociologique de patron/client, des sacrifices étaient offerts par la communauté au dieu/déesse protecteur en échange de sa médiation pour les bénéfices et la protection de la communauté.

Les champs élysées étaient réservés aux héros. Homère et Hésiode les plaçaient à l'extrémité ouest de la Terre, en bordure d'Océanus, et Hésiode les appela également les îles des Bienheureux. C'était une utopie où les morts honorés menaient une existence heureuse et insouciante et s'adonnaient à leurs passe-temps favoris tels que la musique ou l'athlétisme.

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Homère

Dans ses grandes épopées, l'Iliade et l'Odyssée, Homère, poète du VIIIe siècle avant notre ère, raconte la dixième année de la guerre entre la Grèce et Troie, puis les pérégrinations d'Ulysse et ses tentatives pour rentrer chez lui après la chute de Troie aux mains des Grecs. L'Iliade et l'Odyssée furent réactualisées au fil des siècles par les dramaturges grecs.

Le plus grand héros de la guerre de Troie, Achille, était le fils du roi grec Pélée et de Thétis, une déesse nymphe de la mer. Sur l'ordre de Zeus, Thétis le plongea dans le Styx pour lui conférer l'immortalité, en le tenant par le talon, qui restait vulnérable. Achille était un champion guerrier, utilisé par certaines cités-États dans des combats individuels contre leurs ennemis. Le roi Agamemnon incita les Grecs à entrer en guerre à la suite de l'enlèvement de sa femme Hélène de Troie par un prince de Troie, Pâris. Achille consulta sa mère pour savoir s'il devait se joindre à eux. Elle lui dit qu'il pouvait rester chez lui, se marier, avoir une descendance et une vie normale, et mourir de vieillesse. En revanche, s'il partait pour Troie, il mourrait jeune, mais on se souviendrait de lui à jamais. Il choisit d'aller à Troie. Dans l'Iliade, sa mort est prédite, mais la flèche tirée par Pâris qui pénétre son talon sensible se trouve dans l'Odyssée.

Achilles and Ajax By Exekias
Achille et Ajax par Exékias
Dan Diffendale (CC BY-NC-SA)

Ajax était un autre grand guerrier de Troie. Après la mort d'Achille, Ajax et Ulysse se disputent l'armure d'Achille. L'armure avait des propriétés magiques car elle avait été forgée au mont Olympe par Héphaïstos. Des détails supplémentaires furent ajoutés dans la tragédie grecque Ajax de Sophocle, où un groupe de juges déclare Ulysse vainqueur. Bouleversé par cette décision, Ajax tombe sous le charme d'Athéna, perd la raison et massacre un troupeau de moutons qu'il croit être des guerriers. À son réveil, il a honte et se tue pour retrouver son honneur.

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Une mort noble profitait à toute la communauté et renforçait sa réputation.

Les dramaturges grecs ajoutèrent des détails à Homère. Euripide (480-406 av. J.-C.) écrivit la pièce tragique Iphigénie à Aulis, qui n'est pas décrite dans l'Iliade. Iphigénie est la fille d'Agamemnon. Alors qu'il chasse pour rassembler la flotte pour Troie, Agamemnon tue l'un des cerfs sacrés de la déesse Artémis, qui retenait les vents pour permettre aux navires de naviguer. Le devin Calchas informe Agamemnon qu'il doit sacrifier sa fille pour apaiser la déesse.

Iphigénie croit d'abord que son père l'a convoquée pour son mariage, mais elle apprend qu'elle va mourir. Une fois qu'elle a compris ce qui se passe, elle accepte son destin, rétablissant ainsi l'honneur de son père:

Mon père, me voici; je viens de mon plein gré, pour ma patrie et pour toute l'Hellade, m'offrir comme victime : conduisez-moi à l'autel de la déesse, puisqu'elle le veut ainsi. Puisse, grâce à moi, la fortune vous sourire, assurer la victoire à vos armes, et vous ramener au pays natal!. (lignes 1553-1558, trad. G. Hinstin)

Lors de son exécution, la foule proclame: "reçois ce sacrifice que t'offrent les Grecs alliés et le roi Agamemnon [...] reçois le sang pur qui jaillira de la gorge de cette belle vierge" (lignes 1570-1575). Soudain, un miracle se produit. "chacun entend distinctement le bruit du coup, et personne ne voit où a disparu la jeune fille (lignes 1582-1583). Là, "Sur le sol est étendue, palpitante, une biche de grande taille", envoyée par Artémis comme substitut d'apaisement (ligne 1587).

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The Sacrifice of Iphigenia
Le sacrifice d'Iphigénie
Carole Raddato (CC BY-SA)

En tant qu'objet de valeur, le plus grand sacrifice est celui de la vie. En même temps, le sacrifice d'Iphigénie en tant que vierge signifiait qu'elle n'aurait pas de descendants pour se souvenir d'elle. C'est la communauté qui devait se souvenir d'elle en racontant son histoire. Le résultat d'une victoire après sa mort a aligné son sacrifice sur le concept de victoire militaire ou de patriotisme. Une mort noble profitait à l'ensemble de la communauté et renforçait sa réputation de défenseur des préceptes des dieux.

Procès et mort de Socrate

Fondateur de l'Académie d'Athènes, Platon (428-348 av. J.-C.) est l'un des philosophes les plus importants de l'histoire occidentale. Il fut l'élève de Socrate, dont les enseignements ne subsistent que dans les écrits de Platon. Socrate fut jugé par un tribunal d'Athènes pour impiété, corruption de la jeunesse athénienne (avec des conceptions différentes des dieux), ainsi que pour avoir critiqué le gouvernement grec. Un tribunal athénien le condamna à la peine de mort (399 av. J.-C.). Dans l'Apologie de Platon et ailleurs, il résume le point de vue de Socrate sur la mort et l'au-delà:

  1. L'étude de la philosophie est l'étude du processus de mourir et d'être mort. Le corps et l'existence matérielle empêchent la recherche de la vérité. L'âme est piégée dans un corps physique et impliquée dans le mal, et ne peut s'échapper qu'après la mort. Tout le monde devrait accueillir la mort afin d'atteindre les plus grandes bénédictions. La mort est soit un néant virtuel, soit un changement de statut de l'âme et une migration de ce lieu vers l'au-delà.
  2. Cependant, les humains sont la propriété des dieux qui nous ont donné la vie, et nous sommes sous leur garde. On ne doit pas se suicider sans un signe des dieux (anangke). Ce n'est qu'à ce moment-là qu'ils manifesteraient leur approbation. Selon Platon, Socrate affirme avoir entendu, dès son enfance, une voix divine qui le détournait de tout ce qui était mauvais.

Les amis de Socrate avaient prévu qu'il s'échappe de la ville, mais il refusa de partir. Il affirma qu'il pouvait argumenter pour se sortir de cette situation difficile, mais que ce serait humiliant. Lorsqu'un homme agit, il le fait pour de bonnes ou de mauvaises raisons. La somme de ses actions est bien plus importante que la préservation de sa vie. Socrate réprimande ses compagnons:

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Ce seraient donc, suivant vous, des insensés que tous ces demi-dieux qui moururent au siège de Troie, et particulièrement le fils de Thétis, qui comptait le danger pour si peu de chose, en comparaison de la honte que la déesse sa mère, qui le voyait dans l’impatience d’aller tuer Hector, lui ayant parlé à peu près en ces termes, si je m’en souviens: "Mon fils, si tu venges la mort de Patrocle, ton ami, en tuant Hector, tu mourras; car ton trépas doit suivre celui d’Hector; lui, méprisant le péril et la mort, et craignant beaucoup plus de vivre comme un lâche, sans venger ses amis: que je meure à l’instant, s’écrie-t-il, pourvu que je punisse le meurtrier de Patrocle, et que je ne reste pas ici exposé au mépris, assis sur mes vaisseaux, fardeau inutile de la terre."

(Apologie, 28c-28d, trad. V. Cousin)

Modèle ultime de la mort noble, Socrate personnifie le choix de l'abnégation, un choix fondé sur la raison. Tout en conservant les vertus d'arete et de courage, il a articulé le concept de sacrifice de soi en mourant pour un principe. Un principe est une vérité fondamentale ou une proposition qui sert de base à un système de croyance ou de comportement suivant une chaîne de raisonnement. Nous commençons à avoir le concept de mourir pour une cause qui supplante l'individu.

The Death of Socrates
Mort de Socrate
Jacques-Louis David (1748-1825) (Public Domain)

Dans d'autres écrits de Platon, la mort volontaire ne peut être justifiée que pour des raisons honorables:

  1. si l'on en reçoit l'ordre de la polis, un ordre qui, s'il est valable, doit être exécuté
  2. si l'on a subi un malheur dévastateur
  3. si l'on est confronté à une honte intolérable

Les raisons banales et infâmantes n'étaient pas légitimes, comme se soustraire au devoir militaire ou éviter la ruine financière. Mais les hommes avaient aussi des responsabilités envers la cité-État. Dans la Grèce antique, l'amour, le sexe et le mariage s'accompagnaient du devoir religieux d'engendrer des enfants pour la survie des générations. Toute personne qui se donnait la mort pour des raisons déshonorantes devait se voir refuser une tombe dans les zones communes des cimetières. Les tombes de ces personnes étaient placées dans des quartiers isolés au-delà des frontières de la ville, sans pierre tombale, ni nom, ni souvenir.

Stoïcisme

Une autre école populaire de philosophie grecque fut fondée par Zénon de Kition (336-265 av. J.-C.) et porte le nom de la stoa (colonnade ouverte) où il enseignait à Athènes. Pour les stoïciens, ce sont les actes et le comportement qui importent, et pas vraiment les pensées, et tout comportement doit être en harmonie avec la raison et la nature. L'univers étant soumis à des lois naturelles, il faut accepter tout ce qui arrive avec sérénité.

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Zeno of Citium Bust
Buste de Zénon de Kition
Wikipedia User: Rama (CC BY-SA)

Les humains ont accès à la raison divine par le biais de leur intellect, reconnaissant qu'il existe un plan divin, souvent considéré comme le destin, que le bon stoïcien apprend à accepter; il ne peut être changé par quoi que ce soit que nous puissions penser ou faire. Cette acceptation passe par un mode de vie discipliné qui consiste à ne jamais laisser les émotions gouverner sa vie, ce que l'on appelle l'apatheia. Dans le jargon moderne, un stoïcien doit "prendre son mal en patience", en étant imperméable à la fois à la douleur et au plaisir. On exerçait son libre arbitre par rapport à la nature ou au destin.

La révolte des Maccabées

L'idée d'une mort noble influença le peuple juif qui se souleva contre les diktats forcés de la conquête grecque d'Israël sous Antiochos IV Épiphane dans ce qui est connu comme la révolte des Maccabées (167-160 av. J.-C.). Ceux qui sont morts pour avoir refusé de renier leur judaïsme ont introduit la notion de martyr (grec: "témoin"), témoignant ou "attestant" de leur foi. À ce titre, ils incluaient le concept de patriotisme dans la mesure où ils expiaient par procuration, en souffrant pour les péchés de la nation. Leur récompense pour le sacrifice de leur vie était d'être élevés par Dieu (résurrection) au ciel.

Dans l'histoire d'Israël décrite dans les Écritures juives à partir du livre de la Genèse, le concept ultérieur de martyre est absent. Cependant, lors de la révolte de Bar-Kochba (132-136 de notre ère), les Juifs furent persécutés et torturés pour leur foi. Les rabbins postérieurs, du IIe au Ve siècle de notre ère, réintroduisirent le concept de martyr pour les personnages antérieurs. Par exemple, Isaac était désormais considéré comme un martyr pour avoir accepté d'être sacrifié par son père Abraham.

The Sacrifice of Isaac
Le sacrifice d'Isaac
Rodney (CC BY)

Dans ce qui est devenu le judaïsme rabbinique, toute vie est considérée comme sacrée, comme un don de Dieu. Elle ne doit pas être mise en danger pour des raisons banales. En cas de torture, si un juif reçoit l'ordre de manger du porc, il doit le faire. Manger du porc ne peut pas endommager l'âme d'une personne. Mais certains principes essentiels ne peuvent être transgressés. Ceux-ci entrent dans la catégorie du concept de ha-shem ("le nom"). À l'origine, le concept hébreu de blasphème était une accusation d'utiliser le nom du Dieu d'Israël dans un serment et de le rompre, de manquer de respect à Dieu ou de commettre une idolâtrie. Le blasphème déshonorait et dénigrait le nom de Dieu et ses préceptes. Les martyrs qui résistaient et refusaient de déshonorer le nom étaient appelés kaddosh ("saint"). Le fait d'être prêt à mourir pour la sanctification du nom qualifie une personne de martyr. Tout Juif qui acquiesce à l'idolâtrie sous la torture se voit refuser le statut de martyr et une place dans le monde à venir, lorsque Dieu manifestera son royaume.

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La mort noble dans la Rome antique

Rome absorba une grande partie de la mythologie grecque, alignant les anciens dieux italiens sur les traits similaires des Olympiens. Cependant, Rome s'intéressait beaucoup plus à ses mythes fondateurs, aux premiers ancêtres et aux familles dont les histoires mettaient en valeur les vertus de la société romaine.

Chaque citoyen romain avait le droit et le privilège de se suicider. Les raisons suivaient les préceptes du platonisme et du stoïcisme, et la restauration de l'honneur sur la honte. À Rome, les femmes étaient concernées. Le modèle pour les femmes était l'histoire de Lucrèce. L'un des rivaux politiques de son mari lui rendit visite pendant l'absence de ce dernier. Il tenta de la séduire, mais elle résista et il la viola. Il raconta ensuite à tout le monde qu'elle avait été consentante. Lorsque son mari rentra à la maison, Lucrèce invita ses amis à dîner, raconta la véritable histoire, puis se poignarda à mort. Même s'il s'agissait d'un mensonge, sa réputation et son honneur avaient été entachés et devaient être restaurés. Lucrèce devint le modèle de tout comportement correct en accord avec le rôle des femmes dans le monde romain.

L'un des suicides les plus célèbres de la fin de la République romaine est celui du stoïcien Caton le Jeune (95-46 av. J.-C.). Il était l'un des sénateurs les plus influents de l'opposition à Jules César (100-44 av. J.-C.). Lorsque César vainquit les dernières forces de la République à Utique, en Afrique du Nord, il offrit l'amnistie à Caton, comme il le fit pour nombre de ses anciens ennemis.

Cato of Utica
Caton d'Utique
Jastrow (Public Domain)

Lors d'un dîner entre amis, la conversation porta sur la description par Platon de la mort de Socrate, les amis de Caton essayant de le convaincre de ne pas se suicider. Caton se poignarda alors et s'arracha l'estomac et les organes. Ses amis se précipitèrent chez un médecin qui le recousit. Mais Caton arracha les bandages et les sutures, se retira à nouveau les organes et mourut. Dans la tradition de Socrate, le travail de toute une vie pour maintenir la République romaine contre César n'aurait rien signifié, et il aurait été considéré comme hypocrite s'il n'était pas mort.

Il existait également un autre mobile pour se suicider à Rome. Toute personne accusée de trahison envers l'État était condamnée à une exécution publique, et ses richesses et ses biens étaient saisis pour le trésor public. Cependant, les nobles avaient la possibilité d'éviter cet événement humiliant en se suicidant d'abord. Si un patricien se suicidait, sa famille n'était pas ruinée et l'accusé pouvait se libérer de la honte de son crime en accomplissant son devoir pour le bien-être de ses descendants.

Débuts du christianisme

L'apôtre Paul (qui écrivait dans les années 50 et 60 de notre ère) fut le premier à présenter la mort de Jésus-Christ en tant qu'expiation du péché d'Adam dans le jardin d'Eden. Le péché de désobéissance d'Adam avait entraîné la perte de l'immortalité; comme, selon la Bible, nous descendons tous d'Adam, c'est la raison pour laquelle nous mourons tous. Le péché d'Adam avait apporté la mort, mais la mort de Jésus apporta la vie. La formule de ce concept, selon laquelle Jésus est mort pour nos péchés et s'est chargé des péchés du monde, est devenue un pilier du christianisme. Techniquement, ce n'était pas vrai; le péché continuait dans le monde. Mais les croyants pouvaient désormais mener une existence continue dans l'au-delà, au paradis. Les récits évangéliques ultérieurs du procès et de la crucifixion de Jésus de Nazareth sont devenus le modèle de tous les chrétiens. Il ne s'agissait pas d'un suicide, mais de l'accomplissement de son destin, de la raison pour laquelle Dieu l'avait envoyé sur terre sous la forme d'un homme. Tout au long des évangiles, Jésus "prédit" son destin ultime, choisissant de se rendre à Jérusalem où il savait qu'il allait mourir.

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The Crucifixion by Lorenzetti
La Crucifixion de Lorenzetti
Metropolitan Museum of Art (Copyright)

Augustin d'Hippone (354-430 de notre ère) serait le premier chrétien à déclarer que le suicide est un péché. Il le fit pour aller à l'encontre d'une secte rivale de chrétiens d'Afrique du Nord, les Donatistes. Les moines donatistes saccageaient délibérément des sanctuaires païens, dans l'espoir d'être arrêtés et de devenir des martyrs. Certains s'immolaient par le feu ou se jetaient du haut des falaises. Augustin rabaissa ces chrétiens rivaux qui ne devaient pas être élevés au rang de martyrs. Il déclara que le suicide était un péché qui ne pouvait jamais être pardonné, car il bouleversait la bonté de la création de Dieu. Il prit l'exemple de Judas. Judas aurait pu être pardonné, mais c'est à cause de son suicide qu'il restera à jamais en enfer. Par conséquent, aucun chrétien ayant délibérément cherché sa propre mort ne peut recevoir le statut et le titre officiels de martyr. Par conséquent, aucun chrétien qui se suicide ne peut aller au paradis. Au Moyen Âge, l'Église médiévale refusait aux suicidés les derniers sacrements et leur interdisait d'être enterrés dans les cimetières.

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Bibliographie

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Rebecca Denova
Rebecca I. Denova, PhD, est Professeure émérite de Christianisme primitif au sein du Département d'Études des religions de l'Université de Pittsburgh. Elle a récemment publié un ouvrage, "The Origins of Christianity and the New Testament" (Wiley-Blackwell)

Citer cette ressource

Style APA

Denova, R. (2025, mars 26). Concept Ancien de Mort Noble [The Ancient Concept of a Noble Death]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2676/concept-ancien-de-mort-noble/

Style Chicago

Denova, Rebecca. "Concept Ancien de Mort Noble." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mars 26, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2676/concept-ancien-de-mort-noble/.

Style MLA

Denova, Rebecca. "Concept Ancien de Mort Noble." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 26 mars 2025. Web. 02 avril 2025.

Adhésion